
WANT les essentiels de la vie
Côté maroquinerie de luxe à Montréal, je souffrais d’une carence. Alors que les sacs arborant le sempiternel monogramme brun suscitent mes bâillements plutôt que mon admiration, un nouveau venu sur ce marché jusque-là peu exploité aura sitôt fait de mettre un terme à ma lassitude, et j’ai nommé, WANT les essentiels de la vie. Qu’il soit question d’un étui pour iPod ou d’un sac de voyage pour une fin de semaine dans les Hamptons (on peut bien rêver), les jumeaux Dexter et Byron Peart, aux commandes de cette jeune entreprise montréalaise depuis sa création en 2005, s’attèlent brillamment à la tâche.
D’entrée de jeu, il semble que la philosophie de la compagnie s’articule avant tout à travers un éloge de la mondialisation. Chaque produit de la gamme WANT, qu’on reconnaît aux lignes épurées à la fois modernes et intemporelles, porte le nom d’un grand aéroport international. La confection des sacs se fait en Italie (dans la même usine où l’on fabrique les sacs Prada, me dit-on). Le cuir utilisé, à grain fin et d’une souplesse digne de mention, provient de la Suède. Et c’est ainsi que le résultat fini sillonne le monde, ayant comme destination finale les huppés Harvey Nichols en Angleterre ou encore Le Bon Marché en France.
Nonobstant ces tergiversations d’ordre géographique, il reste que WANT les essentiels de la vie demeure un produit résolument montréalais, à commencer par le nom de la compagnie, qu’on devine être un clin d’œil au bilinguisme caractéristique de la ville. Les quartiers généraux se situent aux artères de la mode montréalaise, sur la modeste rue Chabanel. La nouvelle gamme Organic, mêlant savamment le cuir et le canevas de coton biologique, rappelle la sensibilité environnementale des Montréalais. Chaque modèle se décline dans un arc-en-ciel de couleurs, aux tons aussi riches les uns que les autres.
Le portrait dépeint semble-t-il trop beau pour être vrai? Pour en avoir le cœur net, je me suis lancé et ai fait l’acquisition d’un sac Trudeau d’un blanc immaculé, il y a de cela cinq mois. Encore aujourd’hui, mes lancées dithyrambiques ne s’estompent pas. La compartimentation, soigneusement étudiée, se traduit aussi bien pour le bureau que pour un séminaire à l’université. La doublure coussinée accueille mon ordinateur en toute sécurité. La politique de garantie agressive de WANT m’a aussi permis de remplacer mon sac par un tout neuf des suites d’une mésaventure que je préfère oublier.
Chapeau aux frères Peart! L’analogie est facile, mais avouons que les jumeaux Caten de Dsquared2 ont dorénavant de la compétition.
Rédacteur: Elizabeth Chrun
COMMENTAIRES :







Quelle belle plume! … ah oui et les sacs aussi sont pas mal ;)
J’adore.
Après une description de la sorte, je vais devoir acheter…. :)
La lecture de ces mots est un régal pour mes yeux. A la fois, je suis conquis par la rédaction de cette jeune écrivain et par l’idée de posséder un de ces sacs dont mon regard ne peut plus s’estomper de fixer. J’attends le prochain billet de mademoiselle Chrun avec impatience.