
Les Tricots d’Alyssa Wood
Pour décompresser de mes nuits blanches fréquemment occasionnées par bébé qui ne dort pas, je me retrouve souvent à tricoter. Pour me procurer mes trucs, je me rends à la Tricoteuse, coin Rachel et St-Hubert où des étagères pleines de laine multicolore me donnent souvent des idées de grandeur, même si je finis toujours par confectionner un ennième foulard qui atterri finalement dans le fond d'un tiroir.
Avec le temps, je m'en rends compte, le tricot est une technique plutôt difficile à maîtriser. Bien sûr, quelques-uns s'en sortent assez bien; je pense ici à ma grand-mère qui nous a (trop) longtemps offert de merveilleuses paires de mitaines dans nos bas de Noël... Toutefois, lorsqu'il s'agit d'élever le tricot au niveau "d'art" et d'en faire le canevas d'une mode vestimentaire avant-gardiste, il en est toute autre chose. Et dans cette optique, les pièces d'Alyssa Wood font certainement leurs preuves.
Ancienne étudiante en maille de la FIT à New York, puis de Polimoda en Italie et finalement de Central St. Martins à Londres, Alyssa Wood, d'origine coréenne, s'est surtout faite connaître lors du défilé des finissants de la FIT en avril dernier.
La pièce qu'elle présentait pour l'occasion; une immense cape corail ingénieusement tressée dans du macramé de coton et revêtue par dessus une combinaison moulante aux allures tribales. Un morceau qui s'est assurément démarqué et qui n'a pas tardé à établir la designer comme un personnage important de la relève en mode.
Dans le passé, Wood a aussi impressionné par sa collaboration avec Three As Four pour qui elle a imaginé, lors de leur défilé printemps/été 2009, des serre-têtes, des boucles-d'oreilles et des leggings en crochet ultra féminins.
Cela dit, Alyssa Wood est définitivement une jeune artiste à surveiller. Le peu de designs qu'elle a créés depuis sa sortie des bancs d'école font preuve d'une vision unique et originale. Qui plus est, à travers ses créations, elle arrive à dé-stigmatiser le tricot et à tranquillement lui redonner ses lettres de noblesse.
Moi je dis: tant mieux si on peut sortir l'art des mailles entrelacées des boules à mythes afin d'en faire un élément tendance! Mais bon, je laisse ça aux autres. De mon côté, je m'en tiens à mes foulards...
Rédacteur: Jeanne Charlebois
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