
Je m’appelle Denis Gagnon
Samedi soir. 21 heures. Je suis à la 5ème salle de la Place des Arts pour y voir le film Je m’appelle Denis Gagnon, présenté dans le cadre du FIFA, le Festival International du film sur l’art (et non la fédération de foot les gars).
Je n’ai pas d’attentes particulières, mais je suis curieuse de voir ce que nous allons découvrir… d’autant plus que, pour être franche, je ne suis pas une grande fan du travail du designer québécois.
Nous commençons notre intrusion dans la vie de Denis Gagnon, au sous-sol de son appartement, où il s’affaire à terminer certaines pièces pour le prochain défilé. On le découvre d’ores et déjà comme quelqu’un d’assez drôle et de franc. Il dit ce qu’il pense et pense clairement ce qu’il dit. J’ai même été surprise à rigoler à plusieurs occasions, alors qu’il se raconte simplement et qu’il rit un peu de son métier, de lui, de sa voix… Grâce à une simple caméra à l’épaule et des plans très serrés, nous sommes carrément dans la vie et dans le processus de création de l’homme aux gigantesques lunettes.
Dans le deuxième « chapitre », Khoa Lê, réalisateur et scénariste du long métrage (de tout juste 48 minutes) nous fait découvrir le personnage flamboyant, mais pourtant si « normal » qu’est le Denis Gagnon. On est particulièrement amusé de ce clash lorsqu’il retourne chez lui, au Lac St-Jean, et qu’il parle de poules avec sa famille, si heureuse de l’avoir parmi elle… S’ouvrant à un proche, il avoue savoir parfaitement que la majorité de ses créations ne soient pas vendables, mais qu’il est incapable de faire autrement. Il connaît la logique de la commercialisation, mais ne veut pas l’appliquer. Il assume ses décisions, il semble léger même, mais pourtant, cet homme est conscient de l’image qu’il projette et du temps qui passe. Il le dit lui-même, à l’aube de la cinquantaine, il n’a rien, rien, rien. Plan sur le ciel.
Le film termine avec une dizaine de minutes backstage, alors que le défilé tant attendu se déroulera sous peu. Cigarette. Problèmes. Stress. Solutions aux problèmes. Cigarette.
Bref, ce film a de la gueule. L’approche de Lê est simple, mais j’ai apprécié son soin du beau et du vrai. Il met en relief l’esprit d’un véritable artiste, qui crée sans compromis et qui reste fidèle à sa vision. What’s not to like?
Rédacteur: Ariane Ergas
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